Naître en Bolivie

Notre Tour du Monde s’est  poursuivi en Bolivie, un pays très dépaysant de part sa culture andine, ses climats variés et ses paysages impressionnants.

Ce pays enclavé en Amérique du Sud (pas d’accès à la mer) est composé d’une géographie variée avec le Lac Titicaca à la frontière du Pérou, la Cordillère des Andes et l’Altiplano à l’Ouest, l’Amazonie à l’Est et le plus grand désert de sel du monde (Salar d’Uyuni) au Sud-Ouest. Nous avons fait l’expérience de ces paysages, et nous vous assurons qu’ils sont vraiment magnifiques.

drapeaux

La Bolivie compte 10.5 millions d’habitants répartis en plusieurs groupes d’origine ethnique différente : les Amérindiens (Aymara et Quechua pricipalement), les métisses et les européens. Ceci est expliqué par la colonisation espagnole au XVIème siècle. Les Espagnols s’emparèrent du territoire bolivien qui appartenait jusque là à l’Empire Inca. Les Colons découvrirent un sol riche en métaux notamment en or et en argent et l’exploitèrent par la création de mines dont la plus connue est celle de Potosi (ville la plus riche du monde à l’époque). C’est en 1825 que le pays gagna son indépendance et fut nommée République de Bolivie en l’honneur des armées de Simon Bolivar.

La Bolivie a longtemps été un pays instable politiquement parlant avec ses nombreux coups d’Etat. Depuis 2006 il est dirigé par le même président, d’origine amérindienne, mais il reste néanmoins encore un pays en voie de développement. Il est le pays le plus pauvre d’Amérique du Sud avec 40% de la population qui vit avec moins de 4 US$ (3.60 euros) par jour.

Ce pays présente les indicateurs de santé les plus bas d’Amérique du Sud, avec une espérance de vie de 68 ans. Son système de santé reste précaire avec une organisation gérée essentiellement par les mairies. Il existe donc une grande inégalité d’accès aux soins. Le Seguro Basico (sécurité sociale) a été mis en place par le gouvernement mais le travail informel diminue énormément la part des personnes couvertes.

Dans les villes, il existe un système de soins de 3 niveaux : le consultorio (médecin traitant), le centro de salud (hôpital de proximité) et l’hôpital pour les pathologies graves.

Nous nous sommes rendues à l’Hôpital maternité de Sucre, capitale de la Bolivie. A notre grande surprise, nous avons découvert lors de notre arrivée dans le service, qu’il n’y a pas de sages-femmes en Bolivie.

Dans cette maternité (comme partout en Bolivie), ce sont des médecins et des infirmières qui prennent en charge les patientes. Dans le pays, on considère le terme de la grossesse a 40 SA. Pour les plus chanceuses, la grossesse est suivie tous les mois dans des consultorios et elles bénéficient de 2 ou 3 échographies.

A l’Hôpital mère-enfant de Sucre se déroulent environ 2000 accouchements par an. Pour les accouchements voie basse, il n’y pas d’analgésie péridurale. Cette dernière est uniquement utilisée pour les césariennes. La patiente n’est pas accompagnée pendant le travail et l’accouchement. Les salles de travail ne sont pas individuelles (3 parturientes par salle). Une fois à dilatation complète, les femmes sont transférées en salle d’accouchements. La patiente reste hospitalisée 2 jours pour un accouchement voie basse et 3 à 4 jours pour une césarienne. L’allaitement maternel est quasi systématique.

Dans les campagnes, du fait de l’inexistance de structures médicales, les femmes accouchent à domicile avec l’aide d’accoucheuses traditionnelles. Ces matronas n’ont aucune formation médicale reconnue. A ces femmes vivant à la campagne, on peut ajouter les femmes vivant en ville mais rejetant la médecine moderne. On estime ainsi à 33% le nombre d’accouchement à domicile en Bolivie. De ce fait, la mortalité maternelle et infantile restent relativement élevées avec respectivement 206 décès pour 100 000 naissances vivantes et 31 décès pour 1000 naissances. Le taux de fécondité est de 2.9 enfants par femme. Nous avons essayé de rencontrer des matronas, mais c’était mission impossible sans recommandation d’une connaissance puisqu’elles préfèrent rester anonymes et même l’hôpital ne connait pas leurs noms.

 

Ces femmes préférant accoucher à la maison sont très souvent des Cholitas (ou cholas).

femme

Ce sont des femmes au fort caractère et habillées traditionnellement de multiples épaisseurs de jupons empilés les uns sur les autres, d’un chapeau (souvent melon) et de deux immenses tresses attachées ensemble à leurs extrémités. L’histoire de ces vêtements remonte au colonialisme. Les conquistadors leur imposèrent de s’habiller ainsi afin de les reconnaître plus facilement mais aussi de les «civiliser». Le terme chola était hautement péjoratif et a été instauré par les conquistadors pour désigner la population andine. Le chapeau melon lui, n’arriva seulement qu’au XXème siècle. On raconte que ces chapeaux commandés d’Europe étaient initialement destinés aux ouvriers travaillant à la construction du chemin de fer bolivien. Du fait d’une erreur dans la commande, ils s’avérèrent trop petits pour les hommes. Une fausse rumeur de mode due à la fibre commerçante du chapelier encouragea les femmes à porter ces chapeaux «comme en Europe».

Le statut de la femme en Bolivie reste compliqué. On estime que la Bolivie est le pire pays d’Amérique du Sud en matière de violences faites aux femmes. Elles ont peu accès à la vie économique du pays. L’IVG est toujours interdit. Seul l’IMG est autorisé dans de rares cas et dans des conditions peu optimales.

 

Lors de notre séjour en Bolivie, nous avons appris l’existence d’une maladie répandue en Amérique du Sud que nous ne connaissions pas : la maladie de Chagas. Il s’agit d’une maladie parasitaire due à Trypanosoma cruzi transmis à l’homme lors du repas sanguin du trianome, un insecte hématophage (punaise). La contamination peut également se faire par voie orale, par voie placentaire ou par transfusion sanguine. Il y a 8 à 10 millions de personnes infectées et environ 15 000 morts par an dans le monde.

Trypanosoma_cruzi_cycle_de_vie

La Bolivie est le pays le plus infecté. La maladie évolue en 2 ou 3 phases. La phase aigue dans les semaines après la contamination avec des symptômes non spécifiques : épisodes fébriles, adénopathies, malaises. Il se développe ensuite la phase chronique silencieuse pendant 10 à 30 ans. Puis une phase chronique symptomatique apparaît chez 1/3 des patients avec atteinte cardiaque et/ou digestive et/ou neurologique. La mortalité de cette maladie est de 30%. En dehors de la lutte vectorielle par des insecticides, il n’existe aucun moyen de contrôle de la maladie de Chagas, aucun traitement efficace pour les formes chroniques, ni vaccin. La transmission congénitale étant possible, les femmes ayant un suivi de grossesse en Bolivie sont dépistées systématiquement. La recherche se fait en début et en fin de grossesse pour cette maladie en même temps que les autres sérologies. La plupart des nouveau-nés infectés (entre 60 et 90%) ne présenteront aucun signe clinique. Par conséquent, la prise en charge néonatale ne diffèrera pas des pratiques habituelles, mis à part la réalisation des tests de diagnostic. Si le test revient positif, un traitement pourra être entrepris. De part le flux migratoire, environ 2000 personnes sont infectées en France. Mais il n’existe pas de dépistage pendant la grossesse.

 

Rendez-vous en Argentine pour la suite (et fin…) de nos aventures!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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2 réflexions sur “Naître en Bolivie

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