Naître au Laos

Le Laos, aussi appelé « pays du million d’éléphants », possède une histoire contemporaine tourmentée avec la décolonisation, les bombardements liés au conflit vietnamien et l’instauration d’un régime communiste en 1975. Tout ceci l’a longtemps tenu à l’écart du reste du monde mais cette période de fermeture est désormais révolue et le Laos s’ouvre progressivement. Cependant les traditions restent bel et bien ancrées.

Le Laos compte près de 7 millions d’habitants et sa croissance démographique est de 1,75 % par an. Considéré comme l’un des pays les plus pauvres de la planète, son système de santé est globalement insuffisant. 30% de la population vit avec moins de 1 dollar par jour et est analphabète. Le Laos manque de personnel médical qualifié, d’équipements et de médicaments. Les hôpitaux se trouvent dans les grandes villes mais ces villes sont difficiles d’accès pour la population habitant à la campagne à cause d’infrastructures routières défaillantes. C’est pourquoi on trouve de petits dispensaires dans certains villages.

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Le taux de fécondité au Laos est de 4,5 enfants par femme. Le taux de mortalité infantile est de 70 pour 1000. Le taux de mortalité maternelle est de 405 pour 100 000.

En milieu rural, 18 % des femmes sont suivies pendant leur grossesse et 91% accouchent à domicile. En milieu urbain, 73 % des femmes ont un suivi de grossesse et 44% accouchent à domicile.

Au Laos, l’accouchement à domicile reste dans les moeurs et la grossesse est porteuse de traditions. Tout au long de la grossesse, la femme porte une médaille (préalablement bénie au temple) autour du cou pour se protéger des esprits malveillants et dort avec un couteau sous l’oreiller. Ce couteau sera placé sous l’oreiller du bébé après l’accouchement. Elle n’a également pas le droit de sortir de chez elle la nuit, toujours pour se protéger des mauvais esprits.

Au moment de l’accouchement, la tradition veut que tous les objets suspendus au mur soient décrochés : c’est la levée magique des obstacles à la descente du foetus.

Après la naissance une croyance perdure et est respectée par 78% des femmes : celle de l’exposition au feu. Elle consiste à rester allongée toute la journée sur un lit au dessus des braises pendant une semaine à 2 mois. Une autre tradition, responsable de carences alimentaires chez la femme et le nourrisson, a pour nature de ne s’alimenter que de riz gluant pendant au moins 5 jours après l’accouchement et de ne boire que des infusions de racines pendant 3 mois.

Lors de notre voyage, nous avons pu visiter la Maternité de l’hôpital public Mahosot de Vientiane. Dès notre arrivée nous avons tout de suite pu remarquer le manque de moyens par rapport à la France malgré le fait que nous soyons dans l’un des principaux hôpitaux du pays. Le bâtiment est vétuste et les patients nombreux.

Nous avons pu faire le tour des locaux (suites de couches, salle d’accouchements, PMI, service de néonatalogie) avec le chef de service puis nous sommes restées 3h avec les sages -femmes, en salle d’accouchements.

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Cet hôpital réalise 3300 accouchements par an dont 16% de naissances par césarienne. L’équipe de garde sur 24h se compose de 4 sages-femmes, un gynécologue et un interne. Il faut 3 années d’études pour être sage-femme et c’est elle qui pratique l’accouchement.

Pour les femmes ayant un suivi de grossesse, il y a 4 à 10 consultations prénatales et 2 à 3 échographies. La PMI joue un rôle très important aussi bien pour le suivi de grossesse, que pour la contraception (30% des femmes y ont recours) et les vaccins des enfants.

En ce qui concerne le bloc obstétrical, il y a une salle de travail collective, où la patiente gère ses contractions seule et silencieusement jusqu’à dilatation complète. Elle est examinée toutes les 3h environ, et la surveillance monitoring est aléatoire… (à priori 2 monitorings pour toute la salle d’accouchements). Il n’y a pas d’analgésie péridurale. Les sages-femmes remplissent un partogramme (traduit en français).

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La patiente est transférée (à pied…) en salle d’accouchements pour l’expulsion. C’est le conjoint qui va chercher le matériel nécessaire à la pharmacie. La surveillance du post-partum immédiat s’effectue de manière aléatoire sur un brancard dans le couloir.

La durée classique d’hospitalisation est de 24h pour un accouchement normal et de 4 jours pour une césarienne. La patiente paie 5 dollars pour une chambre collective et 19 dollars pour une chambre individuelle, ce qui n’est pas anodin pour le budget familial.

Le taux d’allaitement maternel est de 100%.

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La prise en charge des prématurés s’effectue après 28SA.

 

 

Merci au Pr Reinharz et à Mr Giacometti de nous avoir aidé à entrer en contact avec cette maternité.

 

 

 

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2 réflexions sur “Naître au Laos

  1. 100% taux de d’allaitement…. magnifique!
    ps:bravo pour votre aventure…dommage d’avoir surtout des comptes rendu de ce qu’il se passe en maternité (c’est deja bien, mais le temps vous manque je suppose…) car par exemple ici au laos énormément de femme accouche a la maison… 😉 J’ai pour ma part énormément appris en observant les femmes accoucher a la maison… 😉
    Paul Poras Osteopathe spécialiste femme enceinte

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