Naître en Chine…

Pékin : point final de notre aventure « Transsibérien » . Mais notre séjour de 4 jours ne s’y est pas passé exactement comme on se l’imaginait. Nous avons d’emblée été confrontées à une population relativement peu ouverte sur le monde (accès limité à Internet par exemple).

Nous avons en effet tenté de visiter des maternités à Pékin, mais malgré la présentation de notre projet, l’entrée nous a été refusée à plusieurs reprises. Ces refus étaient catégoriques, nous nous sommes donc interrogées et nous avons décidé d’en savoir plus par nos propres moyens afin de vous informer malgré tout.

chinagirl

La Chine compte actuellement 1,3 milliards d’habitants soit 1/6 de la population mondiale. C’est le pays le plus peuplé au monde.

Lors de notre visite dans la capitale chinoise, nous avons été interpellées par le fait de croiser presque toujours des mamans avec un seul enfant. Nous nous sommes donc intéressées à la politique de l’enfant unique, imposée en Chine de 1979 à 2015. En 1950, Mao Zedong avait plutôt encouragé l’effet inverse et favorisé une politique nataliste en encourageant les femmes à avoir beaucoup d’enfants. Ce qui a provoqué une hausse  de 2/3 de la population chinoise en 20 ans.

Face à cette explosion démographique, en 1979, la politique de l’enfant unique fut instaurée dans le but de ralentir l’accroissement naturel.

Une limite d’âge pour le mariage a également été imposée dans ce but (22 ans pour les hommes et 20 ans pour les femmes).

En 1982, la Chine dépasse le milliard d’habitants.

La loi est assouplie pour les familles paysannes dans les années 1980. Une nouvelle exception est introduite en 2013 pour les couples dont l’un des membres est lui-même enfant unique, puis elle est remplacée en 2015 par une politique fixant le nombre maximal d’enfants à deux par famille.

 

Mais alors comment contrôler la fécondité des femmes dans ce contexte?

Tout d’abord en instaurant un planning familial, forçant les femmes à utiliser un moyen de contraception à longue durée (stérilet) ou à se faire stériliser et parfois en allant même jusqu’à imposer des échographies aux femmes tous les 3 mois dans certaines campagnes afin de s’assurer qu’elles ne sont pas enceintes. La contraception n’est alors plus un choix mais devient une obligation.

Dans les cas de naissances illégales, des pénalités étaient prévues (amendes importantes et non existence de l’enfant à l’état civil). Ces « heihaizi » (ces « enfants nés en trop ») seraient 13 millions à être marginalisés et être mis au banc de la société. Ces mesures ont également entraîné de nombreux abandons et infanticides, mais également un trafic d’êtres humains du fait du déséquilibre homme/femme.

Auparavant, le planning familial forçait les femmes à avorter (parfois de façon tardive) lors de leur deuxième grossesse. Ainsi, 55% des femmes chinoises ont avorté au moins une fois.

Depuis le 29 octobre 2015, cette politique est abandonnée et tous les couples sont autorisés à avoir un deuxième enfant à partir du 1er janvier 2016. Le taux de fécondité est passé de 5,4 enfants par femme en 1971 à 1,6 en 2015.

Il y a encore des conséquences de cette politique en ce qui concerne le suivi de la grossesse en Chine.

Par exemple, il n’est à priori pas légal de vouloir connaître le sexe de son enfant en anténatal car cela pourrait engendrer une sélection non naturelle par des IVG trop fréquentes en privilégiant les fœtus de sexe masculin.

 

Qu’en est-il du suivi de grossesse?

La grossesse a une durée de 280 jours,soit l’équivalent de 10 mois selon la culture chinoise.

A la naissance, le bébé a déjà 10 mois car le temps de gestation est comptabilisé.

En zone rurale, le suivi anténatal est très irrégulier, les femmes ne consultant parfois qu’une ou deux fois avant d’accoucher. En ville, le suivi est plus régulier mais repose sur l’examen clinique de la médecine chinoise traditionnelle.

A noter également l’absence de suivi échographique après 4 mois de grossesse.

En Chine,on choisit son package accouchement, c’est à dire le choix d’une césarienne ou d’un accouchement voie basse par la patiente et également le choix du jour de la naissance pour des raisons astrologiques ou pratiques.

Le taux d’analgésie péridurale est très peu élevé (1%). Comme dans la culture mongole, les femmes chinoises sont beaucoup dans la retenue et la maîtrise de soi et n’expriment donc pas leur douleur.

Environ 50% des femmes ont une césarienne (un des taux les plus élevés au monde) pour différentes raisons : peur de la douleur, et dans leur esprit, la césarienne étant un processus programmé, elle présente moins de risques pour le bébé.

Actuellement le taux de mortalité maternelle est de 37 pour 100 000 naissances. Le taux de maternité infantile est de 15 pour 1000 naissances.

Avant la montée laiteuse, la mère ne donnera pas son colostrum, jugé comme impur. Le taux d’allaitement maternel varie énormément d’une région à l’autre. En ville, moins d’une femme sur deux allaite pendant quatre mois. L’arrivée du lait artificiel dans les années 70 a considérablement fait baissé le taux d’allaitement maternel.

Pour le post partum, une période de 40 jours appelée « zuo yue zi » est observée. Elle correspond à une période d’isolement et de réclusion chez la femme (régime alimentaire spécifique, pas de douche, alitement, soins du nouveau-né assurés par la famille…).

 

A bientôt pour un nouvel article!

 

 

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