Naître en Mongolie

Après notre périple « Transsibérien », nous voici arrivées à Oulan-Bator, capitale de la Mongolie, comptant 1,3 millions d’habitants soit quasiment 1/3 de  la population totale du pays (le reste étant représenté par une population nomade dispersée dans les steppes).

La Mongolie est un pays en plein essor encore marqué par l’ancienne occupation soviétique malgré l’élan du libéralisme. Ainsi le système de santé est en développement et donc à 2 vitesses. Cela nous a sauté aux yeux car nous avons pu visiter des établissements publics et privés, la capitale mongole comportant un grand nombre de maternités. Cependant des femmes accouchent encore dans les yourtes selon leur volonté et selon la tradition nomade.

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Entrée d’une des maternités privées d’Oulan-Bator

 

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Une autre maternité privée : Gurvan Gal Hospital

 

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Une des maternités publiques d’Oulan-Bator : the First Maternity Hospital

 

Dans ce pays le taux de fécondité est de 3,1 enfants par femme. Le taux de mortalité infantile est passé de 97,2 pour 1000 naissances  en 1990 à 26 pour 1000 en 2013. Le taux de mortalité maternelle est passé de 130 à 50 pour 100 000 naissances.

En Mongolie, c’est l’obstétricien qui réalise l’accouchement; la sage-femme ayant plutôt le rôle d’aide médicale. Le suivi du travail se fait de la même façon qu’en Russie.

Pour devenir sage-femme, il faut réaliser 4 années d’études.

 

 

La première maternité que nous avons visitée est l’établissement privé de Gurvan Gal. La visite fut relativement rapide avec un médecin généticien de l’hôpital. Nous avons appris qu’y naissent 12 000 enfants chaque année, dont 25% de césariennes.

Il y a 4 salles de travail et 9 salles d’accouchements. Il existe des salles d’accouchements individuelles et des salles où sont disposés 3 lits côte à côte.

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C’est avec étonnement que nous sommes entrées dans une salle d’accouchement guidée par le médecin, avec une patiente sur le point d’accoucher, sans son accord préalable.

Nous avons pu remarquer que le conjoint n’est jamais présent en salle d’accouchements, on raconte que s’il était là, la patiente serait trop déconcentrée et n’arriverait pas à accoucher. De plus, selon les croyances mongoles, le sang de la parturition est porteur de la fécondité et est un agent de souillure, ainsi, seuls des femmes ou des hommes stériles parents de la patiente sont autorisés à être présents.

Nous avons également été surprises par le silence qui régnait dans la pièce. En effet, en Mongolie, il est « honteux » de montrer ses faiblesses, c’est pourquoi les femmes ne laissent rien paraître des douleurs de l’accouchement. Les femmes déambulent pendant le travail dans les couloirs de la maternité jusqu’à arriver à dilatation complète, stade à partir duquel elles sont installées en salle d’accouchements. Il est considéré comme normal que la femme « souffre en silence » lors de la naissance.  Ainsi le nombre de péridurales est très faible, le geste étant payé par la patiente et la demande accordée par l’obstétricien.

Pendant le travail et l’accouchement, la patiente n’a droit à aucun soutien moral ou autre. Une fois la naissance accomplie, elle redevient une personne à part entière et on lui sert immédiatement un repas copieux en même temps que la première mise aux seins.

La patiente reste ensuite 2h en surveillance et reste hospitalisée 3 jours en post-partum.

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L’allaitement maternel est d’usage en Mongolie sauf en cas de contre-indications médicales.

 

Comme toute bonne sage-femme qui se respecte, nous sommes arrivées en pleine procidence de cordon lors de la visite de la seconde maternité : The First Maternity Hospital.

Cet établissement public réalise 16 000 accouchements par an soit environ 50 accouchements par jour, pour 4 sages-femmes et 6 gynécologues-obstétriciens en poste.

Dans cette maternité, le matériel semble un peu plus ancien et la salle d’accouchements est composé de 8 salles de naissances dont 4 salles individuelles (payantes) et 4 salles avec 6 tables d’accouchements disposées côte à côte.

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Il y a 5 blocs de césariennes programmées et 2 blocs pour les césariennes en urgence.

Nous avons remarqué que les dossiers ne sont pas informatisés et sont uniquement au format papier.

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Un partogramme mongol

 

 

Merci aux équipes de nous avoir accueillies, malgré la charge de travail importante.

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2 réflexions sur “Naître en Mongolie

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